Critique: Faut-il regarder Cobra Kai?

Critique: Faut-il regarder Cobra Kai?

The Karate Kid a toujours été une énigme: Fleuron du feel-good movie sportif des années 80, parcours initiatique que ne renierait pas Alejandro Jodorowsky, Daniel-san rejoint Luc Skywalker de l’Empire Contre-Attaque ou Paul Atréïdes de Dune et ce malgré que lui, son mentor Miyagi, Johnny la petite frappe (ou tous les autres d’ailleurs) aient un jeu d’acteur digne des pires nanars de l’époque.

Tenez, pour vous dire, niveau interprétation (mais aussi sous bien d’autres aspects) j’ai largement préféré le remake de 2010 avec le fils de Will Smith et Jackie Chan!

Mais, oui, moi aussi j’ai tout de même bien aimé le Karaté Kid.
Comme tous les ados mâles de l’époque, j’ai tenté le coup de pied de la grue.
Un peu comme après avoir regardé Et La Tendresse Bordel j’ai essayé de sauter à pieds joints dans mon slip.
C’est à dire sans grand succès.

Alors Cobra Kai renouvelle-t-il le miracle?


Trente-cinq ans plus tard, nous retrouvons donc Daniel LaRusso et Johnny Lawrence, et nous sommes immédiatement rassuré, en terrain connu: ni Ralph Macchio ni William Zabka n’ont profité de ces années pour prendre des cours de thêatre.

Daniel est devenu un riche concessionnaire automobile. Sa femme est belle, ses enfants sont beaux, sa maison est magnifique. Il fait des pubs télé débiles « Chez LaRusso, on éclate la compétition » sur fond de prix cassés façon pile de briques, et affiche en permanence le sourire satisfait du winner repu.

Comment? Ce n’est pas ce à quoi vous vous attendiez?
Attendez, ce n’est pas fini.

Car la vrai surprise viendra de Johnny.
Devenu alcoolique vivant de petits boulots, on se préparait à un nouveau Biff Tannen (Retour Vers Le Futur): ce sera lui le héros de la série.

Anti-héros plus exactement. Loser magnifique, simple et attachant comme lors de ses apparitions dans How I Met Your Mother, William Zabka va nous offrir une des plus belle rédemption de méchant jamais vu dans une série.


Je ne vais bien sûr pas vous spoiler l’histoire, mais comme le titre le laisse deviner, Johnny va refonder le dojo Cobra Kai, reprenant (hélas, les conditionnements ont la peau dure) le mantra de son ancien maître brutal et toxique « Frappe le premier, frappe fort, aucune pitié ».
Et son chemin va recroiser celui de Daniel, qui lui va fonder une école qui s’inspirera des préceptes zen de son disparu père spirituel japonais.


Le fan service sera assuré: on retrouvera de la peinture, du polissage de carrosserie et de l’humour pouêt-pouêt.
Mais aussi des vannes plus modernes comme quand le senseï hurle aux oreilles d’un de ses nouveaux élèves:
– «Tu veux avoir des couilles oui ou non?!»
Et que le gringalet lui rétorque:
– «C’est pas un peu sexiste, ça?»

Vous aimez les bastons de filles? Vous allez être servi.

Car c’est ce qui fait la grande force de cette réalisation, on le sent bien, c’est qu’elle est le fruit d’une équipe multigénérationnelle qui partage une véritable passion pour l’univers du Karaté Kid. Ils ont voulu lui faire honneur, lui rendre un hommage, et ça se voit à l’écran.

Les personnages sont bien écrits, ici personne n’est totalement bon ou totalement mauvais. La mise en scène est fluide et efficace, les scènes de combat sont nombreuses et spectaculaires, le tout sous une très bonne sélection de musiques des années 80.


Bon, disons-le, tout n’est pas parfait non plus. Il y a parfois quelques facilités scénaristiques qui vous hérissent le poil.
Et les jeunes acteurs ont dû être sélectionnés de façon à ne pas heurter la sensibilité des deux stars: visiblement athlètes de bon niveau pour certains, ils jouent absolument tous comme des pieds.
Mais une fois encore, on s’en fiche complètement!


Alors faut-il regarder Cobra Kai?

Evidement, foncez.
Et si ça se termine en binge watching, n’en soyez pas surpris!

Davy

Geek avant que ce soit cool (jeux vidéos, science-fiction, technologies ...), passionné du web, j'ai décidé d'en faire mon métier! Créatif, amateur de design, développeur, blogueur depuis peu avec WordPress, et auteur amateur (l’adjectif s’applique à toutes les catégories).

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